Médecine esthétique

Botox ou Toxine botulique

La toxine botulique (Botox*, Vistabel*, Bocouture* etc.) a été initialement utilisée à visée thérapeutique pure pour contrôler la crispation anormale de certains muscles : en particulier en ophtalmologie (blépharospasme, strabisme), en neurologie (hémispame facial, torticolis spasmodique) où elle donne au quotidien pour les patients des résultats remarquables.

Le Botox agit au niveau de la jonction neuromusculaire en bloquant la libération de l'influx nerveux : c'est un myorelaxant (relaxant musculaire).
Ses utilisations en esthétique sont apparues en France en 2003.
Les zones d'élection sont essentiellement le tiers supérieur du visage : rides du lion, du front ou de la patte d'oie.

L'activité répétée des muscles frontaux pour relever les sourcils va aboutir au développement des rides horizontales du front, à l'inverse, le froncement répété des sourcils va générer les rides verticales dites "du lion".
Suivant chaque individu, ces rides, fonction de l'activité musculaire sous jacente, vont se développer plus ou moins, et finir par marquer la partie supérieure du visage.

Le Botox n'agit pas en comblant les rides (comme le font les produits de comblement type acide hyaluronique), mais en relaxant l'activité exagérée de certains muscles, ce qui va aboutir à estomper progressivement ces rides.
Sa durée d'action est de 4 à 6 mois, la répétition des injections après ce délai augmente l'efficacité du résultat et le pérennise.
La technique et les indications exigent un praticien expérimenté et prudent en visant le naturel : la partie supérieure du visage doit paraître détendue au repos, mais garder son expressivité à la mimique.

Chaque visage étant particulier, les injections avec de très fines aiguilles, sont faites après un repérage soigneux au repos et en contraction musculaire : élévation du front, froncement des sourcils, plissement des coins des yeux. En ayant analysé la profondeur des rides et leurs dissymétries éventuelles, après marquage des points avec un crayon dermographique.
Des micros doses sont alors injectées en des points précis en fonction de l'activité musculaire.

Le but étant d'obtenir une détente, une relaxation des zones "crispées". Bien réalisées, ces injections donnent au tiers supérieur du visage un aspect reposé, détendu, jamais un aspect figé. Les séances se font au cabinet, sont peu douloureuses, et durent 30 minutes. Toute prise d'aspirine aura été arrêtée 15 jours avant.

L'effet s'installe en quelques jours.
Les suites sont habituellement très simples et permettent une reprise de l'activité dans les heures qui suivent.
Des rougeurs aux points d'injection, un gonflement localisé temporaire peuvent se voir.
Des dissymétries ont été rapportées dans la première quinzaine : en dehors de dissymétries pré existantes, une technique d'injection précise et adaptée doit permettre de les prévenir.
Des maux de tête ont été signalés, ils sont rares, plutôt une sensation de pesanteur au niveau du front transitoire.

Dans les heures qui suivent, on évitera de pencher la tête en avant, le sport, le massage des points traités pour éviter la diffusion du produit injecté dans les zones ciblées.

Parmi les contre-indications, il faut insister sur la grossesse, les myasthénies, une intolérance avérée à la toxine botulique. La prise conjointe de certains antibiotiques (aminosides) est déconseillée.

Une autre indication intéressante du Botox est l'hyperhydrose axillaire (excès de sudation des aisselles) où elle permet d'obtenir d'excellents résultats.

Dr Philippe Vial | Chirurgie plastique, esthétique et reconstructrice | 12, avenue d'Eylau | 75116 Paris | 01 42 27 24 42